La musique et le jeu vidéo

La musique et le jeu vidéo

La musique et le jeu vidéo

La musique peut  s’apparenter à un langage fait pour transmettre des propos, des émotions, voire même des messages engagés. Du Moyen-Âge à aujourd’hui, la musique a toujours transcendé les propos portés par tout type d’œuvre comme le théâtre, le cinéma et bien sûr  le jeu vidéo. C’est justement ce dernier support qui nous intéressera pendant cette courte introduction.

 

Au début il n’y avait « rien »

Pour parler de l’évolution de la musique dans le jeu vidéo, il faut parler de l’évolution du jeu vidéo en lui-même, car les deux sont finalement intrinsèquement liés. Dans les années 70, le jeu vidéo en était à ses balbutiements avec des jeux tels que Pong. Le jeu n’avait que trois ou quatre sons différents et aucune mélodie. Cela s’explique principalement par le fait que les procédés techniques et le matériel étaient très limités, ce qui empêchait d’avoir une production musicale digne de ce nom. De plus, les développeurs s’occupaient eux-mêmes de la bande-son et non un compositeur, ce qui explique qu’il n’y avait juste qu’un nombre très limité de mélodies. S’il y en avait, c’était plus des jingles ou des séries de notes courtes qui étaient intégrées dans le code même du jeu, surtout dans un but pratique, comme annoncer la mort d’un personnage. Un peu plus tard dans les années 70, une “norme” s’installa, celle d’ajouter aux jeux d’arcades une série de notes pour se différencier et déjà donner un caractère voire même une personnalité à un jeu vidéo, comme par exemple l’introduction de Donkey Kong.

 

Les années 80, le début d’un mouvement musical

[caption id="attachment_4486" align="alignleft" width="141"] Super Mario Bros reconnu comme étant l'un des premiers jeux avec une OST mémorable[/caption]

Ce sont les années 80, avec l’apparition de consoles de jeu de salon, qui ont commencé à donner le « LA » à la musique dans ce média. En effet, les capacités du matériel avaient considérablement progressé, au point de pouvoir créer des histoires plus longues et des tableaux différents, ce qui poussa les développeurs à vouloir créer des ambiances pour chacun des tableaux, afin que chacun soit unique. C’est avec des jeux tels que Super Mario Bros et The Legend Of Zelda dont les musiques ont été composées par Koji Kondo qu’on a pu assister à la création de véritables OST (Original Sound Track) de jeu vidéo. On a donc pu voir apparaître des zones ou des personnages ayant leur propre ambiance musicale afin de leur donner plus de caractère ou de personnalité. Ceci étant dit, malgré de meilleures caractéristiques, les consoles de ce temps empêchaient toujours aux compositeurs d’utiliser de vrais instruments, mais ceci ne les empêchait pas de jouer avec les limites de leur matériel afin de proposer des expériences créatives, qui resteront dans la mémoire collective.

     

Les années 90, l’avènement du CD-ROM et des Bandes Sons instrumentalisées.

Avec les années 90 et la course à l’innovation technologique créée par la guerre des consoles entre Nintendo et SEGA, on assiste aussi à une amélioration qualitative de la musique. Le passage du 8 aux 16 bits a apporté son lot de musiques mémorables, comme l’OST des premiers Sonic sur SEGA Genesis (Casino Nights restera mon morceau favori) et du côté de Nintendo les OST de Chrono Trigger qui resteront dans ma mémoire. Pour autant, le plus grand changement est arrivé avec la Playstation et la SEGA Saturn qui ont utilisés le CD-ROM comme support. Dès lors,  les musiques de jeux ne sont plus codées puis intégrées dans le code du jeu, mais sont enregistrées avec de vrais instruments sur une piste audio dédiée qui était ensuite lue par le lecteur de la console. Ceci a permis la création de bandes sons mémorables, comme celle de Final Fantasy VII. De plus avec l’espace apporté par ce nouveau support, les compositeurs étaient beaucoup moins limités pour exprimer leur art et utiliser tous les instruments à leur disposition pour marquer l’ambiance d’un type de jeu en particulier, comme les jeux d’action ou les RPG. Pour autant, Nintendo, qui utilise toujours des cartouches, s’accommode avec brio de ses limitations technologiques pour continuer à créer des bandes sons mémorables, comme The Legend Of Zelda : Majora’s Mask, pour ne citer que lui.

 

De 2000 à aujourd’hui , la musique et bien plus encore

[caption id="attachment_4490" align="alignleft" width="300"] Beat Hazard, un jeu où la difficulté est gérée par la musique[/caption]

Avec le nouveau millénaire, on ne voit plus de grande innovation dans le milieu musical. Il n’y a plus de limitations technologiques qui brident les compositeurs dans leurs processus de création et l’emploi de technologies plus restrictives relèvent plus de l’exercice de style et de création, que d’une réelle limitation. Les artistes continuent à utiliser la musique pour sublimer des émotions et des moments dans le jeu vidéo. On voit aussi que la musique est utilisée comme un élément de gameplay en plus de simple ornement. Les jeux de rythmes comme Osu !, Just Dance, Dance Dance Revolution, ou même Beat Hazard, mettent la musique au cœur du jeu afin de proposer une nouvelle expérience musicale.

   

La musique a, au travers du temps, évolué  en même temps que le jeu vidéo, au point de devenir un critère pour que l’on puisse apprécier un jeu vidéo. Parfois en servant d’accompagnement, d’autres fois comme étant un élément essentiel au jeu, la musique s’est liée à ce média afin de le sublimer. Bien évidemment, parler de musique et jeu vidéo est un sujet vaste, tant il y a de choses à dire. Il va sans dire que nous allons continuer notre immersion dans l’univers musical du jeu vidéo au travers d’articles futurs.

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