Les Easter Eggs dans le Jeu Vidéo

Les Easter Eggs dans le Jeu Vidéo

Les Easter Eggs dans le Jeu Vidéo

D’un simple pixel à un niveau entier, en passant par du texte, une image ou une cinématique, les Easter Eggs (littéralement ”œufs de Pâques” en anglais) sont aujourd’hui très répandus dans le jeu vidéo, ainsi que dans divers autres médias. Cependant, ces secrets cachés dans les jeux n’ont pas toujours été aussi populaires, et ne sont pas toujours aussi festifs que leur nom l’indique. Nous allons aujourd’hui parler de ces petites surprises dissimulées dans les jeux par les équipes de développement.

L’origine des Easter Eggs

L’habitude d’appeler les références cachées “Easter eggs” date de la sortie d’un film de 1975, The Rocky Horror Picture Show, une adaptation au cinéma de la comédie musicale The Rocky Horror Show. Sur le plateau de ce film, les acteurs avaient dissimulé divers œufs de Pâques afin de faire une chasse aux œufs. Cependant, ils ne les ont au final pas tous retrouvés, et certains de ces œufs figurent encore à l’écran dans le montage final du film. Dans ce film, le terme d'œuf de Pâques était donc littéral.

 

Pour ce qui est du jeu vidéo, Ed Fries, un ancien employé de Microsoft ayant grandement participé au développement de la première console Xbox, a fait des recherches concernant les Easter Eggs dans les jeux vidéo. Il a découvert, au terme de celles-ci en mars 2017, que le plus ancien jeu contenant ce qui s’apparente à un Easter Egg serait Starship 1, un jeu d’arcade d’Atari sorti en 1977, développé par Ron Milner. L’Easter Egg en question est le message “Hi Ron!” (Comprenez “Salut Ron!”, faisant référence au développeur), qui s’affiche lorsque l’on presse une série de boutons. Si un joueur venait à découvrir ce message, il serait récompensé par 10 parties gratuites, car rappelons-le, à l’époque des machines d’arcade, les parties étaient payantes.

 

Ce titre apparaît actuellement sur le site officiel des Guinness World Records (les records du monde) comme le premier jeu vidéo à contenir un Easter Egg. Ce record était précédemment détenu par le jeu Adventure, qui contient le premier Easter Egg connu, celui que beaucoup considèrent encore comme le premier Easter Egg de l’histoire du jeu vidéo. Dans ce jeu au style minimaliste, dont le but était de trouver un calice doré après avoir vaincu des dragons et parcouru plusieurs “châteaux”, le nom du développeur a été dissimulé par celui-ci, entre deux salles du jeu. On pouvait donc y lire, en lettres changeant de couleurs, “Developped by Warren Robinett”, littéralement “Développé par Warren Robinett”. 

 

Pour comprendre la raison derrière cet Easter Egg, il faut voir le contexte de l’époque : les éditeurs de jeux, plus particulièrement Atari dans ce cas, n’incluaient pas le nom des développeurs dans les crédits, ce qui fait qu’on ne les connaissait pas malgré leur rôle important. Afin de protester contre cette injustice, Warren Robinett a ajouté une salle supplémentaire au jeu, dans laquelle il a dissimulé son nom. Il s’est assuré que seuls les plus téméraires et les plus malins pourraient accéder à cette salle secrète en faisant de la clé un simple pixel. Ce pixel, en plus d’être très petit, est de la même couleur que le sol de la plupart des salles. Il fallait donc faire très attention à ne pas le déposer au mauvais endroit, ou ne pas se laisser gêner par un obstacle, au risque de devoir redémarrer le jeu, et recommencer entièrement la procédure. Un bon moyen d’empêcher ses patrons de trouver cet Easter Egg, ce qui lui aurait sûrement coûté cher.

Simple blague, approfondissement de l’histoire, ou échos à d’autres titres

L’exemple précédent était injuste, surtout pour le développeur, mais bien heureusement les Easter Eggs sont en majorité placés dans les jeux pour nous amuser, nous effrayer, approfondir l’histoire qui entoure le jeu, ou même parfois pour implémenter des références à d’autres jeux, voire à d’autres Easter Eggs. En voici donc quelques exemples.

 

L’exemple d’Easter Egg qui me vient en tête en premier serait sûrement celui des salles cachées présentes dans la saga Portal, qui en révèlent un peu plus sur l’histoire du jeu, comme l’existence d’un scientifique qui serait toujours en vie et en train de se cacher pour éviter de se faire voir par GLaDOS. L’une de ces salles contient une phrase qui a marqué les joueurs : “The Cake is a Lie”, “Le gâteau est un mensonge”. Cette phrase révèle en réalité ce qu’il se passe à un moment du jeu. 


Dans le jeu Minecraft, qui répertorie au moins une dizaine de références à des jeux, on retrouve une référence à cet Easter Egg dans un autre “Easter Egg”. En effet, en fabriquant un gâteau pour la première fois, vous obtiendrez le succès “The Lie”, en référence aux salles cachées du jeu Portal. Toujours dans ce même jeu de construction, vous pourrez constater que la texture, le nom et la fonction de téléportation des "Endermen" ne sont pas sans rappeler le “Slender Man”, une créature issue d’une “creepypasta”, une histoire d’horreur postée sur internet. En plus des références à des jeux, celui-ci contient beaucoup d’Easter Eggs propre à lui-même, tels que des Easter Eggs consistant à renommer des créatures “Dinnerbone”, comme l’un des programmeurs de Minecraft, pour les faire apparaître la tête en bas, ou encore renommer un mouton “jeb_”, le second créateur du jeu, pour le rendre multicolore.

 

Les Easter Eggs, comme dit précédemment, peuvent aussi faire froid dans le dos. Un bon exemple, toujours chez Valve, serait dans Half-Life 2, dans lequel on peut entendre les zombies hurler, ce qui est déjà en soi bien assez effrayant. Mais ça ne s’arrête pas là : si vous jouez l’audio des cris des zombies à l’envers, vous pourrez les entendre crier à l’aide. Il est dit que ce sont les derniers mots prononcés par les victimes des headcrabs, avant d’être “zombifiés”. 

Toujours dans l’horreur, le jeu Harvest Moon, qui est un jeu à l’origine plutôt tranquille, contient un Easter Egg faisant que, si le joueur regarde la télé à 4h44, le jeu va afficher un message contenant uniquement le chiffre “quatre”, répété en boucle. En France, cela pourrait paraître commun, mais au japon, le chiffre 4 est considéré comme portant malheur, voire comme transportant un message de mort : “Shi” en japonais voulant à la fois dire “quatre” et “mort”, ce qui explique pourquoi il n’y a pas de quatrième étage, ou de chambre d’hôtel numéro quatre au Japon, de la même manière que dans les pays occidentaux, on voit le nombre “13” comme portant malheur.

 

Pour finir sur une note positive, parfois les Easter Eggs se trouvent sur le disque du jeu, comme pour The Bard’s Tale, sur le disque duquel était inscrit “For a really disturbing image, flip the disc over” (”pour avoir une image vraiment perturbante, retournez le disque”). Sauf que, une fois le disque retourné, on remarque seulement une surface réfléchissante. Un coup bas de la part des créateurs du jeu envers le joueur, donc.

Conclusion

Finalement, après avoir fait ces recherches et écrit cet article, j’ai appris qu’au-delà du rôle de simple jeu de chasse à l’oeuf, au-delà d’un secret amusant, terrifiant ou intriguant caché dans un jeu, au-delà du rôle d’ajout à l’histoire, les Easter Eggs ont une place importante dans le jeu vidéo, que ce soit pour faire une référence à nos jeux cultes préférés, ou pour briser le silence quant au rôle important de certains métiers du jeu vidéo.

 


Sources :

https://www.culture-games.com/histoires-du-jeu-video/le-premier-easter-egg-dans-un-jeu-video

https://fr.wikipedia.org/wiki/Easter_egg

https://www.senscritique.com/liste/Ce_jeu_contient_un_easter_egg_etonnant/344323/

https://en.wikipedia.org/wiki/Ed_Fries

https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/117435-first-videogame-easter-egg

https://minecraft-fr.gamepedia.com/Easter_eggs

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