Les malvoyants ont aussi leurs jeux vidéo

Les malvoyants ont aussi leurs jeux vidéo

Les malvoyants ont aussi leurs jeux vidéo

Qui dit jeu vidéo, dit images. De fait, on pense à tort que l’univers des joueurs n’est malheureusement pas adapté pour des personnes souffrant de handicaps visuels. On retrouve en effet très peu de jeux adaptés, mais il en existe tout de même.

Les jeux vidéo déjà sortis pour les non et malvoyants

Pour pallier le fait que certains joueurs en herbe peuvent être malvoyants, on emploie le son spatialisé. Cette technique leur permet d’évoluer dans les scènes. Ce n’est pas comme pour les daltoniens, ou il est nécessaire de configurer une option. Là, c’est tout le jeu qui doit être pensé et conçu pour que les non ou malvoyants puissent progresser dans l’univers du jeu.

On trouve plusieurs jeux conçus spécifiquement pour des malvoyants :

  • Pyvox musical maze

Pyvox est un jeu de labyrinthe qui propose au joueur de gravir des étages variés. Cette tour dispose de 70 niveaux. La position des murs et de la sortie est indiquée grâce à des nappes sonores musicales. On fait progresser son personnage à l’aide des quatre touches fléchées du clavier. Cela confère une prise en main rapide, même pour quelqu’un qui n’est pas familiarisé au jeu vidéo en général. Ce jeu est assez facile pour convenir parfaitement aux joueurs et joueuses les plus jeunes.

  • Pyvox 2, more musical mazes 

Même principe que le premier opus. Le jeu dispose de 70 nouveaux labyrinthes musicaux. L’architecture est un peu plus complexe que le jeu précédent, car le temps de jeu est, cette fois-ci, limité : chaque fois que le personnage passe un niveau, on lui offre quelques secondes supplémentaires. Le challenge de cet opus est bien plus compliqué et s’adresse donc aux joueurs et joueuses plus expérimentés.

  • Pyvox 3 

Toujours le même principe que ses petits frères, mais le jeu de labyrinthe propose cette fois une version jouable à un ou deux joueurs.

  • Chrono Souris 

Dans Chrono Souris, vous contrôlez une souris lors d’une course contre la montre. Le joueur a 100 niveaux à explorer, qui sont reliés entre eux au moyen de zones musicales. Vous pouvez rencontrer des zones piégées, qui produisent une sonorité de percussions, tout en vous renvoyant au niveau précédent. Vous apprenez le maniement de la souris au fil du jeu, pour la déplacer de plus en plus rapidement et précisément. Le joueur ou la joueuse doit juste se fier au rendu musical interactif du jeu.

  • Tampokme 

Dans Tampokme le joueur incarne une plante carnivore qui a pour mission de se défendre contre les moustiques végétariens. Il est possible de rencontrer trois sortes de moustiques, qui nécessitent donc trois types de réactions. Le rythme du jeu devient de plus en plus rapide. Ce titre est jouable jusqu’à quatre participants, avec un système de score pour comparer les performances. Ce jeu nécessite, à la base, l’emploi d’un seul bouton, ce qui le rend également accessible à des personnes souffrant de handicap moteur. Une mise à jour lui permet aujourd’hui d’être jouable à la souris, tout en proposant en plus cinq niveaux de difficulté.

  • Dragonium

Dragonium a été mis au point par l’association Zyzomis. Il se base sur un univers médiéval fantastique. Le joueur ou la joueuse doit créer son personnage pour le faire évoluer dans un monde ouvert. Le codage du jeu permet de guider les malvoyants à l’aide d’une synthèse vocale. Et pour aider les joueurs à se repérer sur la map, les créateurs du jeu ont édité des cartes en braille envoyées gratuitement aux joueurs malvoyants.

L’Œil blanc, le nouveau jeu en cours de conception

Cela fait plusieurs années qu’aucun nouveau jeu n’était présenté aux personnes souffrant d’un handicap visuel. Des étudiants en alternance de l’ETNA sont en train de pallier ce manque, en créant un nouveau jeu pour non et malvoyants, baptisé « l’Œil blanc ». Cette aventure dispose d’effets audio en 3D à l’aide desquels le joueur peut progresser.

Anthony Cadet, Faouzi Kridagh, Filip Iricanin, Houssam Lameche et Andrew Lancien, étudiants de l’ETNA issus de la promotion 2019, ont donc imaginé et réalisé ce jeu pour mobile qui repose à 100 % sur l’audio. Ils ont d’ailleurs reçu le prix de l’innovation lors du concours des Grands Projets de 2019 dans leur école.

Pour parvenir à la conception de ce jeu, ils ont créé un univers audio 3D qui collait à la réalité. « L’Œil blanc » fonctionne donc comme un jeu classique, mais sans la partie visuelle. L’avatar de l’histoire se prénomme Lunark, un vieux cordonnier qui a perdu la vue. Il habite avec sa fille, mais cette dernière va être enlevée. Voilà l’objectif de l’histoire : la retrouver. Pour se déplacer et se repérer, le joueur ou la joueuse se base sur le volume, la profondeur et la distance des sons.

Un projet qui implique de prendre en compte de nombreux paramètres

« L’Œil blanc » est conçu avec l’aide de personnes malvoyantes, qui apportent des suggestions et des retours aux concepteurs pour améliorer le jeu (un appel à des volontaires est toujours en vigueur pour participer aux futurs tests).

Les plus grandes difficultés de conception rencontrées pour ce jeu sont, selon l’équipe, la réalisation des effets sonores, le doublage et la musique. Le prologue du jeu, qui doit sortir fin 2020, est en cours de conception. Le premier chapitre devrait sortir en 2021. L’équipe aimerait pousser encore plus l’immersion des joueurs, en proposant l’utilisation d’un bracelet connecté pour le côté sensitif. Et pour les non-joueurs, les étudiants veulent transformer le jeu en un livre audio.

La méthode employée pour la création de ce jeu ne peut malheureusement pas s’appliquer pour toutes les catégories de jeux vidéo. Pour un jeu d’aventure tel que « l’Œil blanc », le visuel n’est pas indispensable comme il peut l’être pour un jeu de combat ou de sport. Cette technique sonore pourrait toutefois s’appliquer dans un jeu d’horreur, de réflexe, d’infiltration-espionnage, de puzzle ou encore de détective.

Quoi qu’il en soit, ce type d’innovation et d’adaptation dans le jeu vidéo est un vrai plaisir à découvrir et à mettre en lumière. L’amusement vidéoludique reste effectivement universel et se doit de s’adapter au plus grand nombre.

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Shyrka
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