L’horreur dans le jeu vidéo

L’horreur dans le jeu vidéo

L’horreur dans le jeu vidéo

L’horreur est un genre décliné dans tous les médiums créatifs, que ce soit la littérature, le cinéma, la peinture et bien évidemment le jeu vidéo. Nous allons donc nous intéresser à ce qu’est l’horreur dans le milieu vidéoludique.

Un petit historique du jeu d’horreur

Pour commencer à parler d’horreur dans le jeu vidéo il faut remonter au début des années 80. A ce moment il y avait des jeux d’action avec pour thème l’horreur. Bien que le jeu d’horreur à proprement parler n’existait pas encore, on pouvait déjà voir certains éléments de gameplay propre à ce genre. Haunted House sorti en 1981 sur Atari 2600 avait déjà quelques éléments qui feront la marque de fabrique du jeu vidéo d’horreur et surtout le survival horror, favorisant la résolution d’énigmes à la violence des jeux d’actions par exemple. Durant le reste de la décennie, d’autres jeux ont eu pour thème l’horreur comme Castlevania principalement, bien que ceux-ci restent généralement des jeux d’action avec une thématique horrifique. En 1992 Infogrames développe le jeu que l’on considère aujourd’hui comme étant le père des survival horror : Alone In The Dark. Dans ce jeu on incarne un personnage seul qui doit résoudre des énigmes et trouver des clés cachées dans un environnement en 3D. Confronté à des monstres, le joueur peut les combattre, mais souvent il sera plus efficace de les fuir, surtout qu’il y a des monstres intuables. 1996 marquera le début de l’âge d’or du survival horror, avec la sortie de Resident Evil créé par Shinji Mikami. C’est ce jeu qui commencera à imposer « les codes » du survival horror comme les munitions limitées, les caméras fixes et le nombre restreint de point de sauvegarde. D’autres jeux comme Silent Hill vont de leur côté s’axer sur une ambiance glauque et viscérale, pour renforcer le côté oppressant de l’univers. Durant les années 2000 les survival horror ont recommencé à se rapprocher du jeu d’action comme Resident Evil 5 avec des munitions plus abondantes et plus d’invitation à tout faire exploser. Avant de nous intéresser aux jeux des années 2010, il pourrait être judicieux de s’interroger sur les mécanismes utilisés pour faire peur.

Mais comment faire peur ?

Le jeu vidéo d’horreur est avant tout un style de jeu où l’ambiance est d’une importance cruciale, il faut laisser à aucun moment le joueur se dire « je suis en sécurité ». Pour arriver à ce résultat plusieurs procédés sont utilisés. Tout d’abord, il y a un éclairage particulier souvent sombre pour rendre l’environnement du joueur immédiatement oppressant, car il ne peut voir ce qui l’attend au détour d’un couloir. De plus, les couleurs sombres et décors compartimentés, comme un couloir ou un immeuble abandonné, renforcent l’oppression que le joueur subit, car il n’a nulle part où fuir. La musique aussi sert beaucoup à rendre une ambiance effrayante.(On en parle un peu plus ici) Généralement les compositeurs utiliseront des instruments à cordes jouant des notes soit extrêmement basses (contrebasse ou violoncelle) afin de faire ressentir une forte oppression. En effet les notes très graves peuvent être perçues partout dans notre corps. Couplé à ces notes graves, généralement les compositeurs utilisent des instruments moins oppressifs tel que la flûte ou le violon qui joueront des notes aiguës en total contradiction avec le rythme grave de la contrebasse. Pour faire simple la musique de jeu vidéo d’horreur s’appuie principalement sur les dissonances et les variations chromatiques, qui est une progression de notes de façon ascendante ou descendante par demi-ton. La façon dont l’histoire du jeu vidéo nous est contée peut aussi servir à rendre l’ambiance oppressante. Le fait que l’histoire soit en fait représentée sous forme de carnets ou notes, souvent incomplèts, permet de pousser le joueur à chercher et donc s’exposer à des endroits où le danger rôde afin de pouvoir en comprendre un peu plus sur ce qui s’est passé dans le scénario.

Ces jeux qui se jouent des codes imposés par le genre.

Ce que nous avons pu voir précédemment n’est qu’une sorte de liste de ce que l’on trouve le plus souvent dans les jeux d’horreur, bien évidemment il existe des jeux qui n’utilisent pas ses codes afin de distiller la peur dans nos imaginaires d’une façon ou d’une autre. Dans We Happy Few, jeu réalisé par Compulsion Games, la peur se présente plus sur le côté dystopique de l’œuvre, l’idée d’une société parfaite où l’on se drogue continuellement. Dans Alien Isolation, le principe de l’ennemi terrifiant invincible est poussé à l’extrême en nous faisant affronter un alien que l’on ne peut pas tuer et il faudra que l’on rivalise d’ingéniosité pour pouvoir lui échapper, dans une base spatiale. Les années 2010 ont apporté une sorte de vent rafraîchissant au genre du survival horror. Certes certains jeux principaux comme Resident Evil et ses derniers épisodes, ont renoués de façon solide avec les jeux d’actions, mais pour autant, ces années ont autorisés à avoir des jeux qui ont permis aux survival horror et autres jeux d’horreur d’être un peu plus que de simples moments où on a peur.

Finalement quelle plus-value apporte le genre de l’horreur au jeu vidéo ?

Le genre de l’horreur est presque aussi vieux que le jeu vidéo en lui-même et a subi de très grands changements depuis ses débuts jusqu’à nos jours. De simple thématique, l’horreur est devenue un type de jeu, qui a réussi à avoir une fanbase solide tout au long de ces années. Pour moi, cette réussite n’est pas seulement due au fait qu’on aime avoir peur et aussi que les monstres c’est cool. A mon avis, le jeu vidéo d’horreur et ses sous-genres permettent de raconter des histoires différentes, pas celles de héros qui, par le courage et une très grosse épée, vaincront n’importe quel adversaire, mais des histoires où nous, simples mortels, affrontons avec ce que l’on a des choses terrifiantes. Des choses qui nous dépassent et qu’on n’arriverait jamais à appréhender en temps normal, c’est ce que je trouve cool. Peu importe ce pourquoi nous jouons aux jeux vidéo d’horreur, nous ne serons jamais réellement indifférents face à ce type de jeu vidéo et je suis intimement persuadé que c’est ce qui fait la plus grande force du jeu vidéo horrifique. Celui de toujours faire ressentir des émotions au joueur, d’une façon plus intense qu’un autre type de jeu vidéo. Et vous, que pensez-vous des jeux vidéo d’horreur ? Serait-ce une expérience vidéoludique qui vaut absolument le coup ? Quels jeux pourriez-vous nous conseiller ? Dites-nous tout dans les commentaires !

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