Le numérique : une rupture générationnelle profonde

Le numérique : une rupture générationnelle profonde

Le numérique : une rupture générationnelle profonde

Avec l’arrivée et la démocratisation des ordinateurs dans les foyers, un problème de génération est apparu, entre les personnes qui sont nées avec cet outil et les personnes qui l’ont vu apparaître au début ou pendant leur vie professionnelle. En effet, ces dernières ont dû changer leur habitudes de travail afin de s’adapter à l’arrivée de l’outil informatique dans leur vie quotidienne. Mais pourquoi la plupart de ces personnes ont autant de mal à effectuer cette transition alors que les plus jeunes générations sont adeptes de l’outil numérique ?

La perception du numérique

Pour les jeunes générations, le numérique est un véritable outil à tout faire, tant les possibilités sont nombreuses. Le numérique a une si bonne image pour la simple et bonne raison que cet outil constitue une réelle découverte quant à son utilisation. Il n’est pas question de faire des choses que l’on savait déjà faire autrement, mais bel et bien de découvrir tout le potentiel que peut offrir le numérique. C’est là la première différence générationnelle, certains voient dans le numérique une source d’épanouissement sans limite, alors que d’autres y voient des heures et des heures de travail pour arriver à une bonne maîtrise de l’outil.

Or passer des heures à essayer de saisir toutes les subtilités d’un outil dont on a pas besoin pour réaliser le travail que l’on faisait déjà auparavant n’a pas d’intérêt pour une personne  non-initiée. D’autant plus que les ordinateurs apportent avec eux énormément de fonctionnalités. Même une fois l’apprentissage terminé, il n’est pas aisé de retrouver son rythme de travail d’antan et cela peut être très décourageant dans les premiers temps.
A l’inverse, une personne qui découvre ce dont est capable un logiciel ou un outil quelconque sera motivée à l’idée d’en maîtriser toutes les facettes afin d’être pointue et productive dans une tâche qu’elle n’a encore jamais réalisée. L’absence d’antériorité permet à ces personnes de passer beaucoup de temps à se former sans considérer le manque à gagner qu’elles subissent.

Imageons rapidement la situation afin de ne perdre personne:
On considère que l’on demande à deux personnes issues de générations différentes de réaliser la même tâche à l’aide d’un outil qu’aucune ne maîtrise. Cependant on suppose que la personne la plus âgée a déjà réalisé cette même tâche mais avec un outil différent. Cette personne passera par une période où sa productivité va chuter en raison de l’apprentissage d’un nouvel outil (Voir ci-dessous). Dans le même temps, la personne n’ayant jamais réalisé cette tâche auparavant ne pourra que faire des progrès, rendant l’exercice plus motivant.

Ainsi on peut d’ores et déjà se rendre compte de la raison qui rend une génération donnée plus habile sur un outil que sa prédécesseure, mais il faut aussi prendre en compte la résistance qu’oppose chaque individu au changement.

La réticence au changement

Le changement est un saut vers l’inconnu perçu par certains comme une nouvelle opportunité et une nouvelle aventure pleine de rebondissements, là où d’autres y voient la perte de leurs habitudes passées et une source d’insécurité. Même si nous ne les éprouvons pas toutes de la manière et au même degré, il existe quelques raisons récurrentes qui expliquent la résistance au changement chez un individu.

Bien souvent, il est difficile de percevoir les avantages liés au changement, on ne voit alors que les nombreuses concessions à faire sans se rendre compte de ce que le changement peut nous apporter. Ainsi la peur du manque de retours sur investissement est un réel frein au changement et il n’est pas toujours aisé d’accompagner les individus dans le changement.
La chose devient beaucoup plus aisée pour les personnes qui découvrent leurs tâches et leurs outils, étant donné qu’il n’ont pas à changer. Le difficile changement laisse donc sa place à l’extraordinaire découverte.

Cependant, pour les personnes faisant face au changement et malgré une motivation à toute épreuve, il est parfois difficile d’apprendre de nouvelles choses une fois entré dans l’âge adulte. La faute à notre cerveau qui perd petit à petit en performance au fur et à mesure que nous vieillissons.

La plasticité du cerveau

Le terme de plasticité décrit la capacité qu’a notre cerveau à se développer d’une certaine manière qui lui permet de mieux réaliser une ou plusieurs tâches. En d’autre termes, c’est cette plasticité du cerveau qui permet aux enfants d’apprendre si rapidement.

On peut lister, de manière non-exhaustive, certains types de plasticité que l’on retrouve dans le cerveau. La première, la plasticité synaptique, agit sur les synapses. Celles-ci désignent les zones dans lesquelles s’établissent les connexions entre les neurones. La plasticité synaptique permet donc de redessiner les liaisons entre les neurones afin de favoriser l’utilisation de certains et de d’en délaisser d’autres, devenus moins utiles voire inutiles.
La deuxième, la plasticité neuronale, concerne directement les neurones et leur développement dans un réseau. Ils peuvent alors gagner ou perdre en importance dans un réseau neuronal.
La troisième, la plasticité cérébrale, concerne le réseau neuronal lui-même et ses connexions internes ou externes. Il s’y passe donc plus ou moins la même choses que dans les synapses et les neurones mais à une échelle supérieure.

On utilise aujourd’hui ce même principe dans les intelligences artificielles (IA), c’est le deep learning. Notre cerveau, comme une IA, se développe d’une manière donnée face à une tâche donnée, ce qui permet d'accroître la performance quant à la réalisation de cette tâche. Cependant, cette capacité d’adaptation se tarit avec l’âge, ce qui rend l’apprentissage plus dur. De plus, les conséquences dues à des lésions cérébrales deviennent de plus en plus importantes avec l’âge, ce qui explique la moins grande propension des enfants à garder des séquelles à vie lorsque surviennent ces lésions. On ne perd donc pas en performance dans les tâches que l’on exerce et maîtrise déjà mais il devient plus difficile de se familiariser avec de nouveau concepts et de prendre de nouvelles habitudes.

 

Ainsi, les différences générationnelles qui existent peuvent être expliquées par le vieillissement de notre encéphale et le fait que lorsqu’un nouvel outil apparaît, il apparaît après l’outil précédent. Cela peut paraître futile, mais cette notion est intimement liée au sens d’écoulement du temps, unique et ne pouvant être inversé… pour le moment.

Pensez-vous que les différences générationnelles s'expliquent autrement que par les raisons exposées ici ?


Sources :

https://beeshake.com/12-raisons-resistance-au-changement/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Plasticit%C3%A9_neuronale

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LuckyiD

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